Partie 2 : Le passé dans la littérature française
Si cet article est divisé en deux parties distinctes quoique complémentaires, soit l’origine et l’histoire du passé composé du latin et son développement au travers de la littérature, c’est bien car son évolution se heurte également à des phénomènes qui ont trait au contexte littéraire. Le passé composé, ainsi que son emploi au sein des langues romanes, repose en partie sur certaines caractéristiques propres au théâtre; c’est d’ailleurs à l’instar de certains dogmes théâtraux que la distinction des temps parfaits, PS et PC, se consolidera. Il revient tout d’abord de nous situer dans le temps afin de mieux comprendre l’incidence que la littérature a su exercer sur les différents temps du passé. Afin de faciliter cette analyse, nous limiterons les références à l’espagnol seulement comme point de repère sporadique et laisserons de côté les autres langues romanes dont les références seraient plutôt mineures.
Les temps passés dans la Chanson de Roland
Tout d’abord, et ce comme l’exemplifie très clairement Claudia Vetters dans son analyse sur les distinctions entre le PS et PC, l’alternance de ces passés existe depuis les premiers écrits attestés en ancien français[1]. En effet, dès la chanson de Roland, nous pouvons observer des oscillations intéressantes, bien qu’éventuellement inconséquentes, entre les deux passés. Si nous mettons la version originale et celle moderne côte-à-côte, nous pouvons déjà observer les débuts d’une longue histoire entre les deux temps verbaux.

On s’aperçoit dès l’emploi de EN PUROFFRIT, que l’auteur de l’analyse a pris soin de mettre en majuscules, que certaines successions entre le PS et PC sont déjà présentes à l’époque de Roland. Il nous faut d’abord constater que les emplois verbaux faisant allusion au passé sont composés jusqu’à TRAMIST, mais au-delà de ces variations, on peut entrevoir une décision délibérée d’opter pour le PC dans cet extrait, notamment des moments qui semblent se rapprocher plus intiment au présent ou qui, tout au moins, semblent révéler une action continue. En effet, bien qu’il nous soit impossible d’affirmer que cela est bien le cas, car aucune codification de la grammaire de l’époque nous est parvenue – nous doutons même que quelque écrit d’une grammaire ait été écrit à cette époque qui se résumait, à bien des égards, à des contes oraux – l’emploi EST ALET (est allé) dans la phrase Juntes ses mais est alet a sa fin semble toutefois indiquer un passé distinct de celui employé précédemment dans la mesure où l’action peut encore avoir une incidence sur le présent, soit « il était en processus d’aller à sa fin ». Nous savons qu’après sa fin, l’histoire est terminée pour celui qui est impliqué, et ainsi cet emploi indique un processus qui, lorsque relaté, est encore d’actualité. Encore une fois, il vaut la peine de réitérer qu’aucune donnée probante ne nous a été léguée des codes d’usage – si codes il y a eu – d’une distinction, même intuitive, entre le PC et PS. Toutefois, selon Bonnard et Régnier dans leur analyse : « le verbe est ordinairement au passé simple quand la référence au passé est exprimée par un complément de temps […]. La règle est aussi bien observée si le fait s’est passé le jour même. » Par ailleurs, dans les 1000 premiers vers de la Chanson de Roland, on estime l’occurrence du PC à 57 %, un premier indice, déjà en vieux français, d’une fréquence moindre du PS au profit de notre temps composé.
Des auteurs qui s’improvisent grammairiens : une langue cristallisée
Plus loin dans le temps, vers la fin du XVe et au début du XVIe siècle, les usages et les restrictions entre ces deux temps se raffinent. Des guides, dictionnaires et travaux sont dédiés au maniement de la langue et de ses usages. Des lexicographes et grammairiens, mais aussi des écrivains et des poètes férus de grammaire et de son bon usage, pullulent et commencent tranquillement à délimiter, circonscrire et épurer la langue. Qu’il s’agisse de Robert ou Henri Estienne dans leurs ouvrages et dictionnaires respectifs sur les langues française et latine, la promotion d’une certaine « pureté » et élitisme linguistique chez Du Bellay dans La Défense et illustration de la langue française ou encore l’ouvrage détaillé de la grammaire française par le fameux groupe des sept grammairiens picards, la langue se cristallise graduellement par les auteurs qui l’engainent et, par conséquent, n’a d’autre choix que de se plier aux règles qu’une élite lui impose, perdant tout doucement tout contact natif avec les locuteurs des rangs inférieurs et des régions environnantes qui pourtant lui avaient donné vie. Ces auteurs, souvent biaisés par leur propre variante dialectale en ce qui a trait au bon usage, tentent de fixer, voire figer la langue et restreindre les différentes graphies qui coexistent pour certains mots. À titre d’exemple, certaines terminaisons multiples pour des verbes au subjonctif commencent à être élaguées, souvent en suivant les normes ethnocentriques parisiennes. En effet, jusqu’à la fin du Moyen Âge, il nous était possible d’écrire soit : « que je voye ou que je voie (dont la première perçue aujourd’hui comme vieillie perdure encore au Québec et dans certaines régions du Sud de la France). Toutefois, c’est systématiquement la variante des régions rurales ou éloignées du cœur de Paris qui se voit proscrite. Les « grammairiens » entament alors à l’époque classique une purge linguistique en éliminant, extirpant et bannissant toute influence extérieure aux sources latine et grecque (même celles intestines telles que le wallon, le breton, etc.), une entreprise particulièrement ambitieuse qui, si nous observons notre rapport avec les anglicismes à notre époque, survit encore à ce jour.
Toutefois, pour revenir à notre analyse des temps passés en français, et ce comme l’indiquent P.C et Y-C. L dans leur distinction des passés dans la littérature épistolaire « Dans la narration du passé, les analyses portant sur le temps majoritaire lorsqu’il convient de présenter un procès de façon non sécante est déjà le passé composé qui voisine donc, comme aujourd’hui, avec l’imparfait et le plus-que-parfait, sans oublier l’irruption du présent à certains moments du texte. C’est donc un temps d’époque présent et d’aspect perfectif qui est préféré à l’aoriste. Sur ce point l’état de langue du xvne siècle ne nous surprend pas et nous lisons l’extrait suivant d’une lettre de Pascal à Huyghens comme s’il était contemporain : Monsieur, J’ai reçu le présent que vous m’avez fait l’honneur de m’envoyer, et qui m’a été rendu par un gentilhomme français qui m’a fait le récit de la manière la plus obligeante et la plus civile du monde dont vous l’aviez reçu chez vous. […] » Au XVIIe siècle, les distinctions entre les deux passés sont clairement établies et délimitées, si bien que l’alternance non conforme aux règles prescrites entre ces temps est perçue comme une faute, semblable à celle de confondre l’imparfait avec le passé composé aujourd’hui. Par ailleurs, les marqueurs de temps et certains adverbes sont les plus grands indicateurs quant à l’emploi adéquat pour ces temps verbaux, dont voici une illustration :

À quelques exemples près, les codes d’usage sont identiques à ceux employés à ce jour en espagnol.
On dira :
Ayer, hice mi tarea
Hoy, he hecho mi tarea (bien que cette règle ne soit pas toujours respectée)
Ya limpié la casa
Todavía no he limpiado la casa
Il est par ailleurs important de préciser que la codification des temps passés se consolide en partie en réponse aux réalités temporelles du théâtre et de la fameuse règle des 24 heures, élément que nous développerons en détail dans le prochain paragraphe. Une chose qui est certaine est que la valeur continue d’une action exige presque systématiquement la conjugaison composée, comme l’illustre le graphique ci-dessous :

Voici d’ailleurs un extrait de Wilmer qui définit le processus à cette époque :
La règle « de la période écoulée » se trouve effectivement en germe dans nos textes : 11 passés composés contre 3 passés simples […] se réfèrent à la période entamée (mais trois sûtes [PS] sont alors conformes à la loi « des vingt-quatre heures ») ; 15 passés simples contre un seul passé composé […] ont trait à une époque révolue.
La règle des 24 h et la rébellion cornélienne
D’emblée, il faut comprendre les différences de nature aussi bien sémantique que syntaxique qui distinguent ces passés et également les différences observables entre les langues française et espagnole. Notre objet d’étude est d’abord et avant tout la distinction établie entre le passé simple et le passé composé au cours de l’évolution de la littérature française. Ainsi, sous la plume d’Henri Estienne dans son Traité de la conformité du langage français avec le grec, le passé composé acquiert une utilité particulière en français, comme nous l’avons précédemment expliqué.
Ainsi, Henri Estienne déclarait que je lui ai parlé et lui ai donné une réponse diffère de je lui parlai et lui donnai une réponse en ce sens que la phrase au PC indiquerait que les deux actions se seraient passées le même jour, tandis que la phrase au PS indiquerait que les deux actions ne se seraient pas passées le même jour. Puis Oudin et Maupas ont établi au 17e siècle que le PS réfère à un passé défini, tandis que le PC réfère à un passé indéfini, d’où le fait que je vis HIER une chose assez singulière de Montaigne contraste avec j’ai vu, UN JOUR, une chose assez singulière. Puis vient, à l’époque classique, la règle des 24 heures selon laquelle le PC ne doit pas référer à une période distante de plus de 24 heures (sur le modèle de la règle du théâtre classique qui demande que dans une pièce, il y ait unité de temps, de lieu et d’action)[2].
Au théâtre, on parlera de « la règle des 24 h », selon laquelle l’action montrée doit se dérouler en une seule journée, ce qui force l’emploi d’un temps passé distinct du temps prééminent pour le passé à cette époque, soit le passé simple. H. Estienne invoque cette notion en lien avec les fonctions du prétérit de la langue grecque :
Nous avons aussi deux prétérits parfaits : desquels il m’a semblé autrefois que l’un se pouvait rapporter au temps que les Grecs appellent aoriste, c’est-à-dire indéfini et non limité. Car quand nous disons j’ai parlé à lui, et lui ai fait réponse, cela s’entend avoir été fait ce jour[-]là. Mais quand on dit je parlai à lui, et lui fit réponse, ceci ne s’entend avoir été fait ce jour même, auquel on raconte ceci, mais auparavant : sans toutefois qu’on puisse juger combien de temps est passé depuis. Car soit que j’ai fait réponse le jour de devant seulement, soit qu’il y ait [déjà] cinquante ans passés, ou plus, je dirai, je lui fis réponse, ou Alors, adonc, je fis réponse. Voilà comment par ce prétérit nous ne limitons point l’espace du temps passé. Ce qui autrefois m’a fait [penser] que comme j’ai dit il avait accointance avec l’Aoriste grec[3]*.
Toutefois, à l’époque du classicisme français, cette règle est mise en vigueur avec une implication du jour même où se produit l’action. Ainsi, la règle de « 24 h » n’est pas tout à fait exacte dans la mesure où ce ne sont pas tant les heures qui comptent, mais la dichotomie entre hier et aujourd’hui (similairement aux règles espagnoles contemporaines). Ainsi, si un événement s’est produit le soir et nous l’invoquons le matin, nous serons alors forcés d’utiliser le passé simple, mais le laps de temps ne sera point de 24 heures[4]. Le passé composé sert alors d’outil grammatical afin de repérer la proximité de l’action ou de l’évènement, l’identifier plus clairement dans le temps, mais transcrire de surcroît, d’un point de vue grammatical, un rapport affectif ou un degré d’importance avec le passé énoncé : « à cette erreur de conception fondamentale est mêlé un noyau de vérité que Weinrich identifie dans le fait que « les événements du passé lointain nous importent moins que les événements du passé récent; partant les événements du passé récent sont le plus souvent commentés.»[5]
La distinction des deux temps verbaux permet aux auteurs du 17e siècle d’appliquer avec une plus grande conséquence la règle des trois unités en indiquant plus ou moins précisément le moment de l’action par l’emploi du passé auxiliaire ou du passé simple, et ce, sans avoir recours nécessairement à un marqueur de temps :
Cette règle fut suivie par les auteurs du XVIIe siècle, en particulier par les tragédiens (comme Racine), soucieux de ne pas transgresser la règle des trois unités. Corneille fut critiqué pour ne pas l’avoir observée dans le récit du combat du Cid contre les Maures. Cette présentation dichotomique n’est pas conforme au texte d’H. Estienne qui, s’il refuse le passé simple dans les limites de la journée en cours, n’évince nullement le passé composé des « faits plus éloignés dans le passé[6] ».
Les transgressions de cet ordre ne sont pas étrangères à Corneille, qu’il s’agisse de ses interprétations ou traductions directes, voire littérales provenant d’autres langues, des mots qu’il créa lui-même ou encore de son travail de réécriture assez singulier. Toutefois, si nous soulevons la présence d’une certaine « inconséquence » de la part du tragédien, ce n’est pas à dessein de le critiquer, mais plutôt de comprendre d’où provient cette licence poétique en lien avec la conjugaison française, et surtout, en observer les éventuelles influences de l’espagnol. En effet, si on invoque une de ses œuvres les plus notoires, Le Cid, et nous reprenons certaines parties de l’œuvre originale espagnole, c’est bien car les actes de rébellion chez ce dernier montrent bien que les règles qui divisent ces deux temps sont assez fraîches dans le temps et que beaucoup encore ne les respectaient pas de la même façon qu’il respecterait la division entre le PC et l’imparfait.
À cet égard, comme le font remarquer Philippe Caron et Yu-Chang Liu dans leur analyse de la concurrence du passé simple et du passé composé, Corneille transgresse entièrement les règles dans le passage sur le combat du Cid contre les Maures[7]. Nous pouvons extraire quelques lignes de cette pièce où des alternances entre le PC et le PS s’enchevêtrent et se confondent, comme cela aurait été le cas dans les siècles passés. « Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort / nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.[8] », En effet, la formulation plus « correcte », à savoir : « nous sommes partis cinq cens […] nous nous sommes vus trois mille en arrivant au port » peut paraître un peu lourde, mais d’autres problèmes de nature grammaticale alourdissent encore davantage le discours cornélien. S’il est non seulement bien possible, mais plus correct d’écrire « être parti » dans ce contexte, l’emploi et l’accord pronominal des verbes réfléchis ne sont pas encore fermement établis à cette époque, même si Corneille lui-même en fait l’usage à quelques reprises dans ses pièces[9].» Il est à noter également que l’emploi d’un temps sur un autre est souvent motivé par un désir stylistique outre l’impératif de versification. Toutefois, nous avons raison de croire que Corneille relate d’un jour déjà passé, car quelques vers plus loin il affirme que le combat se serait produit toute la nuit jusqu’à l’aube : « ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour / Et ne l’ai pu savoir jusques au point du jour… » Si nous présumons que « point du jour » implique que la bataille a pris plusieurs heures avant de se terminer, l’action serait donc commencée au soir, respectant la temporalité verbale. En revanche, si c’est bien le cas, il emploie à nouveau le passé simple en faisant allusion aux heures de l’aube à maintenant : « Ils demandent le Chef, je me nomme, ils se rendent / Je vous les envoyay tous deux en mesme temps / Et le combat cessa faute de combattants[10]… » Ces actions arrivent à l’aube sachant qu’elles impliquent la fin du combat qui se finit le matin. Dans les deux cas, Corneille ne respecte pas la condition des temps verbaux au passé. Qui plus est, il annonce le jour puis retourne au passé simple ce qui déchire toute la chronologie des événements au théâtre. Par ailleurs, Corneille fait, dans ces mêmes stances, osciller le personnage entre le présent et le passé révolu, alors que le discours implique un seul et même moment : « Ils demandent le chef, je me nomme […] je vous les envoyai, Et le combat cessa […] » Nous ignorons pour quelle raison le tragédien a choisi de créer une telle rupture entre la concordance des temps. Il est impossible d’affirmer qu’il s’agit de préserver la rime dans la mesure où si l’on avait mis l’intégralité du passage au passé, le résultat eût été identique.
Un aperçu accéléré de l’évolution du PC aux siècles XVII-XVII
Toutefois, s’il est possible de reprocher à Corneille quelque trop grande liberté avec l’oscillation des passés, il est davantage notre exemple en raison des critiques que suscita sa pièce de la part de ses pairs. En réalité, Corneille peut et sera disculpé de ses « fautes » après sa mort, d’autant plus qu’à la deuxième moitié du XVIIe siècle, les règles entre ces deux passés sont encore sujettes à certains questionnements. On ne semble pas parfaitement s’entendre, entre grammairiens, sur ce que l’on proscrit temporellement du PC et inversement pour le PS. À cet égard, certains grammairiens de cette période sont déjà bien conscients des mutations que subissent ces temps verbaux et des changements desquels ils semblent souffrir au fil du temps. Chiflet (1659) définit la problématique comme suit « Le prétérit indéfini [PC] se peut dire de toute sorte de temps passé. Hier j’ay bien soupé : & aujourdhuy j’ay mal disné » alors que selon Buffier (1709) « avec un mot qui marque un temps entièrement écoulé, on mettra plutôt le prétérit simple, je fis cela hier, je voyageai l’année passée : bien qu’on pût dire, j’ay fait cela hier, j’ay voyagé l’année passée » Déjà à cette époque, non seulement les règles semblent s’alléger et les marqueurs de temps offrir quelques libertés aux auteurs, mais la place du PS est déjà moindre que celle de l’espagnol moderne. Cependant, et ce pour rappeler la forte incidence du théâtre sur les décisions relatives à ces temps, nous retrouvons dans le corpus de littérature épistolaire « la combinaison PC + hier [comme étant] marginale au XVIIe siècle (1,6 %) », qui semble excéder son espérance de vie en raison de l’influence causée par la règle des 24 heures, alors que les autres indicateurs adverbiaux de temps, comme les autres marqueurs, sont rapidement supplantés indifféremment par l’usage unique du PC. Puis, le PC obtient une majorité juste dans les occurrences au XVIIIe siècle (51,7 %) et déjà supplante presque entièrement le PS à partir du XIXe siècle, à raison de 97,8 % de toutes les occurrences enregistrées.
Le PS en vient donc ainsi à être relégué à un usage littéraire ou faisant allusion à un passé particulièrement lointain. Il sert aujourd’hui comme reliquat des auteurs, qui, pendant des siècles, ont tenu à son « juste » emploi, ont écrit et précisé dans des ouvrages son importance et ses réalités sémantico-temporelles face au PC. Ces auteurs qui, prêts à scléroser la langue si ce n’est pour que les règles qu’ils ont connues et apprises ne meurent pas en vain. Pourtant, en dépit des efforts les plus opiniâtres entre la distinction de ces temps, ce sont les locuteurs, à qui on avait jadis retiré voix aux chapitres, qui tranchent sur les codes d’usage de notre langue. Non par car ils ont collectivement confectionné des dictionnaires impressionnants ou encore parce qu’ils se sont battus corps et âmes chaque matin au pied de l’Académie française, mais bien car toutes ces questions sur la langue n’intéressaient que l’élite qui les avait écartés. Mais comme nous le savons maintenant, une langue, et ce malgré les plus grandes oppositions, finit toujours par retourner aux locuteurs qui l’on « fit » naître.
[1] Il est à rappeler que l’ancien français se trouve entre le VIIIe jusqu’au XIVe siècles, toute époque subséquente, ex. fin du Moyen Âge, classicisme, Renaissance, etc. n’est plus caractérisée comme du « vieux » français, bien que certains leur attribuent encore ce terme.
[2] Emmanuelle Labeau et Pierre Larrivée, Les temps du passé français et leur enseignement, Amsterdam/Athens, GA, Rodopi., 2002, p. 143.
[3] Jean-Marie Fournier, art. cité, p. 257. *Nous avons pris soin de mettre les fautes de frappe, les mots mal accordés ou coquilles entre crochets. Nous ne savons pas s’il s’agit de fautes de la part de l’auteur ou si cela relève de l’article en ligne lors de la retranscription. Toutefois, pour faciliter la fluidité de la lecture, nous avons jugé plus commode de ne pas conserver les fautes.
[4] Emmanuelle Labeau, Pierre Larrivée, op, cit., p. 144.
[5] Jean-Marie Fournier, art. cité, p. 255.
[6] Caron Philippe, Liu Yu-Chang. « Nouvelles données sur la concurrence du passé simple et du passé composé dans la littérature épistolaire », L’Information grammaticale, no 82, 1999. p. 50.
[7] Emmanuelle Labeau et Pierre Larrivée, art. cité.,p. 50.
[8] Pierre Corneille. Le Cid, édition critique de Georges FORESTIER, Paris, Société de Textes Français Modernes, 1996, p. 78 [vv.1269-1270].
[9] Adolphe Hatzfeld, Arsène Darmesteter. Dictionnaire général de la langue française du commencement du XVIIe siècle, Paris, éditeur 1926 [consulté sur Gallica].
[10] Pierre Corneille, op, cit., p. 81 [1335-1339].

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